Histoire du Stéréo-Club Français

1903 : Création du Stéréo-Club Français...
A partir de 1950, le Club se réunit tous les mois pour une projection en relief...
2003 : à l’occasion de son centenaire, le Stéréo-Club Français organise le 14e Congrès International de Stéréoscopie

Le Stéréo-Club Français (association culturelle sans but lucratif selon la loi de 1901) a été fondé en 1903 par le mutualiste Benjamin Lihou, à une époque où la stéréoscopie était florissante, afin de regrouper les stéréoscopistes alors disséminés dans les associations de photographie générale. Dès 1904, le Club se dote d’un très beau Bulletin mensuel, d’aspect et de fabrication très soignés, dans le but d’informer les membres sur les activités de l’association et de publier des articles théoriques et pratiques sur la stéréoscopie.

La Belle Époque

Durant les onze premières années de son existence, le Club met en place les activités qui sont encore, dans les grandes lignes, les siennes encore aujourd’hui : la Séance mensuelle, où l’on s’efforce de rassembler les membres et leurs familles autour de stéréoscopes et autres objets stéréoscopiques, de comparer les résultats obtenus avec les différents procédés et matériels, et les "séances intimes", où l’on tente de faire progresser la technique stéréoscopique en formulant des idées de toutes sortes.

L’activité essentielle du Club consiste en une grande sortie photographique mensuelle (par le train) en région parisienne ou plus loin, jusqu’à la côte normande, par exemple, tout au long de la belle saison. On emporte son appareil - avec le trépied indispensable à l’époque - et le casse-croûte dans une musette : on déjeune sur l’herbe devant un paysage dégagé. Le bon vin et les bons mots sont de la partie.

La stéréoscopie se pratique alors sur plaques de verre, vendues à la douzaine. Les plus anciens restent fidèles aux grands formats des cartes stéréoscopiques du XIXe siècle, souvent en 8,5 x 17 cm (deux vues 8 x 8), tandis que la jeune génération se tourne vers des formats plus réduits (6 x 13 cm et 45 x 107 mm), avec une tentative d’introduction, au cours de ces années, d’un format 7 x 13 cm considéré comme idéal.

Les plaques sont observées dans des stéréoscopes individuels en bois, ou de véritables meubles à changement de vue par levier ou bouton rotatif. On pratique la projection aux séances mensuelles du Club, mais seulement plane, ou parfois, de manière expérimentale, en anaglyphes. Les projecteurs (non stéréoscopiques) ne sont au début que de faibles lanternes à pétrole, l’électricité n’entrant dans les immeubles des grandes villes qu’autour de 1910.

Le souci constant durant ces années tourne autour de l’amélioration des "émulsions ordinaires" (c’est-à-dire seulement sensibles au bleu), qui livrent des ciels blancs et des images fortement contrastées. Une partie importante de l’art et du savoir-faire des stéréoscopistes (et des photographes en général) réside dans la maîtrise des procédés chimiques du développement, allant toujours dans le sens de la recherche de vues "plus modelées et plus détaillées".

Le Bulletin paraît régulièrement tous les mois, avec des encarts de reproductions de couples stéréoscopiques en plein format, par procédé photo-mécanique (phototypie), ou même par tirage photographique normal.

Première Guerre mondiale

Les activités continuent malgré tout entre 1914 et 1918, au ralenti. Le Bulletin, lui, est réduit à quelques fascicules imprimés en petit format, où les événements sont évoqués à demi-mot, chaque famille connaissant deuils et difficultés.

Entre-deux-guerres

Le Club reprend ses activités dès l’Armistice signé, sans retrouver toutefois l’élan et la prospérité des débuts. Les sorties sont toujours l’activité principale, tandis que la technique évolue peu, avec une tendance, cependant, à un matériel de prise de vues plus léger. Les formats sont toujours les classiques 6 x 13 cm et 45 x 107 mm, mais les châssis à pellicule sont maintenant préférés aux châssis à plaques, du moins pour les voyages un peu longs. Apparaissent durant ces années les émulsions orthochromatiques, aux tonalités nettement plus agréables : les ciels, entre autres, se remplissent désormais de nuages beaucoup mieux dessinés.

Le Bulletin n’est plus la publication luxueuse de la Belle Époque : le papier et l’impression sont devenus très ordinaires. On continue à parler chimie et développement des films et plaques. On ne projette toujours pas en relief ; le stéréoscope est toujours en ébénisterie, avec de larges oculaires, de fins verres dépolis et de belles crémaillères en laiton.

Seconde Guerre mondiale

Le Club cesse toute activité et la publication du Bulletin est interrompue durant les six années du conflit mondial.

Seconde moitié du XXe siècle

Après 1945, la France se reconstruit. Le Stéréo-Club fait de même : les séances mensuelles reprennent, puis le Bulletin, d’abord simple feuille ronéotypée, agrafée dans une couverture de couleur incertaine. Puis avec le temps, tout s’améliore : on finit par atteindre, dans les dernières décennies, une bonne qualité technique, parfois même avec des publications en couleurs.

Dans les années 1950, les anciens continuent à pratiquer le 6 x 13 cm sur plaques de verre ou sur pellicule, suivis de tous ceux qui aiment ces grandes images de très haute qualité, généralement en noir et blanc ou sépia. Mais le Kodachrome en film 35 mm règne pour un demi-siècle et une autre stéréoscopie, en petit format et en couleurs, se développe autour de lui. Une grande vague de cinéma 3D naît aux États-Unis vers 1950, son apogée se situant en 1954 : des appareils en format carré 24 x 23 mm, type Stereo-Realist, inondent (tout est relatif, mais il s’en fabrique tout de même 250 000) le marché mondial. En France, ces appareils américains ou allemands se répandent peu, à cause des protections douanières. Certains stéréoscopistes (surtout la jeune génération) cassent donc leur tirelire pour acquérir le Vérascope 40, dont le format 24 x 30 est meilleur que le format carré américain. Cet appareil demeure la référence en France pour des décennies, et il s’en exporte même jusqu’aux États-Unis.

Au cours des années 1980, d’habiles mécaniciens réalisent, à la petite lime, un rêve jamais passé au stade industriel, mais bel et bien abouti et opérationnel dans les clubs de stéréoscopie : le couplage de deux reflex 24 x 36 avec base de 65 ou 76 mm. Ces appareils connaissent même la construction artisanale en série, sous la marque allemande RBT.

Durant cette période, la projection polarisée, répandue à partir de 1950, ne cesse de se perfectionner : la luminosité et les automatismes des projecteurs, le montage précis des vues se conjuguent aux progrès des optiques et des films. Parallèlement, on parvient enfin à construire des stéréoscopes "corollaires" (dont les oculaires ont la même focale que les objectifs de prise de vue) pour les différents formats sur film 35 mm.

La stéréoscopie argentique est alors parvenue à la quasi perfection.

Quand tout à coup arrive l’appareil photo numérique et le traitement par ordinateur ...

Le Stéréo-Club Français au XXIe siècle
(en cours pour encore 90 ans)

• 2000 : le Stéréo-Club Français met toutes ces informations à la disposition du grand public sur son premier site Internet.
• 2003 : à l’occasion de son centenaire, le Stéréo-Club Français organise le 14e Congrès International de Stéréoscopie et publie un livre de photos en relief de ses membres.

Le Club regroupe plusieurs centaines de membres.