Les Images

Quelles sortes d’images en relief ?


- Sur papier, livre, affiche, carte ...

Les deux vues formant le couple stéréo peuvent être imprimées de diverses manières, selon le procédé choisi pour les observer :

- Les couples de vues sur papier

Ces couples stéréo peuvent être imprimés droite-gauche, mais leur observation sera réservée à ceux qui arrivent à loucher sans fatigue, ce qu’on appelle la ’’vision libre’’, car on ne trouve dans le commerce aucun équipement pour les regarder autrement.

Ils peuvent aussi être imprimés gauche-droite, et être observés avec diverses sortes de visionneuses, dont les moins chères, qui sont aussi parmi les plus pratiques sont les visionneuses pliantes Loreo, dont il existe deux modèles : Loreo Lite pour des couples de largeur totale 10 à 15 cm, Loreo Pixi pour des couples de largeur totale 25 à 35 cm. Il existe aussi des visionneuses permettant de voir ainsi des couples imprimés en plus grande largeur, à condition de s’éloigner, par exemple le Pokescope.

On peut aussi les imprimer gauche-droite gauche, pour qu’elles puissent être observées de chacune de ces deux manières.

- Les "anaglyphes"

Ce sont des superpositions des vues gauche et droite, chacune imprimée dans une couleur complémentaire, adaptées aux lunettes bicolores faites pour les observer : on en a fait en jaune-bleu, en rouge-vert, en rouge-bleu, mais les plus couramment utilisées sont en rouge-cyan (le cyan est un vert-bleu). L’inconvénient des anaglyphes est que les couleurs proches de celles des filtres ne passent pas, notamment le rouge vif. Mais leur avantage est qu’ils peuvent être imprimés, ou présentés sur un écran d’ordinateur, ou en projection, dans n’importe quel format.

Un cas particulier des anaglyphes est ce qu’on appelle les ’’fantogrammes’’. Ils sont déformés de manière à être vus sous un angle de 45°, leur plan de base restant dans le plan du support, papier ou écran d’ordinateur. On les voit donc se dresserau-dessus de ce support.

- Les ’’autostéréogrammes’’

On appelle ainsi des figures composées de points pseudo-aléatoires de diverses couleurs, dans lesquelles certaines zones sont décalées, de sorte qu’en les regardant en ’’vision libre’’, ces zones décalées soient vues en avant ou en arrière, du fait de ce décalage.

- Télé, Ordinateur, Tablette

Il existe, surtout depuis les dernères années, de nombreux modèles de téléviseurs faits pour être vus en relief, la plupart avec des lunettes à polarisation circulaire. Il en existe aussi qui sont visibles en relief avec des lunettes « actives », mais ceux-ci sont incompatible avec la vidéo si dans les images vidéo observées il y a des mouvements rapides, surtout latéraux.

Les images stéréoscopiques s’affichent facilement, sur tout écran d’ordinateur, dans le format du choix de l’utilisateur, donc peuvent être observées par les mêmes moyens que les images imprimées.

On trouve depuis peu certaines tablettes, sur lesquelles on peut présenter les images sous forme côte à côte, et les observer avec un lorgnon parfois fourni avec la tablette. Des tablettes à réseaux lenticulaires, visibles en relief sans lunettes, ont aussi été commercialisées.

- Les plaques photo anciennes et les couples de diapositives

Depuis les années 1840 et jusqu’à la fin du XXe siècle, les photos stéréo étaient disponibles sous forme de plaques de verre, puis de diapositives, le tout dans divers formats, d’abord en noir et blanc seulement, puis en couleurs (’’autochromes’’ à partir de 1903, puis autres procédés, dont le Kodachrome qui finalement a été le plus répandu, à partir de 1935).

De nombreux modèles d’appareils de prise de vues stéréo ont vu le jour, depuis les années 1850 jusqu’à la fin du siècle dernier. Le plus vendu était le Realist, à plus de 100.000 exemplaires vers 1950, les plus performants étaient les appareils RBT, entre 1990 et 2000.

- Images numériques La photo numérique est apparue progressivement dans les dernières années du XXe siècle, et déjà peu après 2000 on disposait d’appareils permettant une définition d’image assez important pour concurrencer les appareils argentiques.Mais il est apparu très peu d’appareils photographiques stéréoscopiques, dont le plus connu, fabriqué entre 2012 et 2014, est le Fuji W3.

On peut maintenant numériser les anciennes photos sur plaques ou diapositives, ce qui permet de les traiter par divers logiciels, et notamment de les aligner avec précision, par le logiciel gratuit StereoPhoto Maker.

- Images en relief créées ou traitées par ordinateur

De très nombreux logiciels permettent de créer des objets en trois dimensions, puis de les regarder en perspective depuis deux points de vue, et d’en faire ainsi des images stéréoscopiques. On peut citer par exemple le logiciel libre FreeCAD ou le logiciel très puissant Blender.

Mais on peut aussi modifier des images déjà réalisées en relief, par exemple des photos, au moyen des logiciels de traitement d’images comme par exemple Photoshop ou GIMP. Mais ces logiciels n’ont pas été conçus pour la stéréoscopie, donc il faut prendre des précautions si on veut les utiliser pour produire des déformations. Par contre on peut sans difficulté les utiliser par exemple pour des corrections de couleurs.

-  Projections, cinéma et vidéo en relief

Les photos stééroscopiques peuvent facilement être projetées, par exemple avec deux projecteurs et un séparateur de vues pour diriger chacune des vues gauche et droite, soit dans la carte vidéo de l’ordinateur si elle est à double sortie, soit par un boîtier Matrox. On place alors devant chaque projecteur des filtres pour séparer les vues gauche et droite, et on donne à chaque spectateur des lunettes adaptées à ces filtres. Il existe actuellement deux principales solutions pour les séparer :
- la séparation par polarisation, soit linéaire, soit circulaire ; la polarisation circulaire permet aux spectateurs de pencher leur tête, mais cette inclinaison produirait des déviations verticales ;
- la séparation par les couleurs : on trouve pour cela depuis peu des lunettes Omega3D, qui permettent de projeter en relief sur n’importe quel mur ou écran blanc.

Les projections en cinéma sont faites, soit avec des lunettes polarisantes, linéaires ou circulaires (procédé RealD), soit avec des lunettes dites ’’actives’’. L’inconvénient majeur des lunettes ’’actives’’ est que, si quelque chose dans l’image se déplace latéralement un peu trop vite, la ’’parallaxe temporelle’’ fausse la perception de la profondeur. L’inconvénient des lunettes polarisantes est qu’elles exigent un écran non dépoolarisant, donc directif, donc les spectateurs ne doivent pas s’éloigner trop sur les côtés de la salle.

Depuis l’ère du numérique, il n’y a plus beaucoup de différence entre le cinéma et la vidéo.

-  Techniques spécifiques

Des techniques particulières permettent de voir en relief, y compris en projection, sans lunettes ni polarisantes ni à séparation par les couleurs.

- Les réseaux lignés ou lenticulaires

Les réseaux lignés sont constitués de bandes opaques, placées devant le support de l’image, qui cachent respectivement aux yeux gauche et droit du spectateur les vues droite et gauche, qui pour cela sont présentées en bandes verticales alternées, bandes paires pour un oeil, impaires pour l’autre.

Des projections de cinéma en relief ont été ainsi réalisées avec l’appareil Cyclostéréoscope de François Savoye (membre du SCF).

Les réseaux lenticulaires sont formés par des lentilles cylindriques verticales, placées devant l’image également constituée de bandes verticales alternées. On a, depuis les travaux de Maurice Bonnet, réalisé des réseaux lenticulaires à vues multiples. Des réseaux à huit ou neuf vues sont intégrés dans des téléviseurs en relief, ainsi visibles sans lunettes.

- Les hologrammes

Les hologrammes sont des enregistrement photographiques, sur des films spéciaux à grain très fin, de réseaux d’interférence entre un faisceau de lumière cohérente émis par un laser, éclairant directement le sujet photographié, et la lumière rediffusée par le même sujet. Ces hologrammes sont vus en relief si on les éclaire par une lumière assez directive.